Voyage à Fribourg

Ecrit par admin sur . Publié dans Réduction des consommations de ressources


Fribourg1Les élèves germanistes de 2de 3 et 2de 4, ainsi que le reste de la classe de 2de 4, ont participé, du mardi 1er mars au samedi 5 mars 2016, à un voyage scolaire à Fribourg et Strasbourg, organisé par leurs professeurs Mme Gallien (allemand) et M. Rossignol (Sciences économiques et sociales) – et avec la précieuse collaboration de M. Henry (professeur principal de 2nde 3) – dans le cadre du projet interdisciplinaire allemand-SES « Les acteurs sociaux dans l’espace urbain et son environnement : quelles modalités de la transition énergétique et du développement durable dans le cadre de l’Union européenne ? »

 

 

Sommaire de l’article (cliquez sur le titre pour accéder au paragraphe correspondant) :  

Cadre et objectifs du projet
Des problématiques riches
Au jour le jour : pratiques innovantes et projets modèles
 Concernant la réhabilitation énergétique
– Concernant les énergies renouvelables
– Concernant la mobilité
– Les écoquartiers
À voyage scolaire, travail (presque) scolaire

Cadre et objectifs du projet
Ce voyage s’inscrit dans un projet annuel pour permettre l’étude des formes d’urbanisme en Europe, en croisant les objectifs, les méthodes et les programmes d’enseignement d’allemand et de sciences économiques et sociales.

Le programme d’enseignement d’allemand mettant l’accent sur les nouveaux espaces d’apprentissage, les élèves ont préparé leur voyage non seulement en se renseignant avec des documents authentiques en amont sur les écoquartiers grâce aux TICE mais aussi en réfléchissant aux formes d’habitat et aux modes de transport respectueux de l’environnement ainsi qu’aux nouveaux comportements de consommateurs.  La mobilité, étant enjeu majeur pour l’ouverture sur l´extérieur afin de prendre contact avec les réalités de l’Allemagne, le voyage à Fribourg a constitué un temps fort du projet.

Et la visite guidée en allemand a permis à un groupe de développer ses compétences linguistiques en réception, mais aussi de réagir et dialoguer avec un représentant communal.

La notion du vivre ensemble, au programme de seconde, a été pleinement illustrée par les visites guidées qui ont souligné les liens de sociabilité et de solidarité et les valeurs collectives à l’œuvre dans la ville de Fribourg. Par ailleurs, les questionnements autour de la transition énergétique ont préparé les élèves au cycle terminal dédié à l’idée de progrès et aux formes alternatives de pouvoir, tout en les incitant à mobiliser des savoirs partagés dans les disciplines connexes de SES et de géographie. En SES, le voyage a été préparé par des recherches des élèves sur le choix des modes de transport (le vélo en ville et ce que cela engage en matière d’équipement notamment et de distances, l’inertie de la consommation automobile…), sur la COP 21 et les enjeux des politiques énergétiques, enfin sur ce qu’est la transition énergétique/écologique. Le voyage lui-même doit servir d’appui pour aborder les notions de production et de valeur ajoutée, les mécanismes de marché et la question de la pollution, notamment, pour le restant du programme jusqu’en juin.

Ce voyage répondait enfin plus largement à des enjeux éducatifs : contribuer à l’éducation au développement durable des élèves, conformément aux instructions officielles et au projet d’établissement, pour leur permettre d’appréhender le monde contemporain dans sa complexité, en prenant en compte les interactions existant entre l’environnement, la société, l’économie et la culture- en synergie avec la démarche E3D du Lycée français de Madrid.

Les thèmes principaux développés étaient les énergies renouvelables, l’urbanisme, l’habitat durable, la mobilité et les nouvelles perspectives agricoles.

Des problématiques riches
Les élèves ont pu comprendre comment Freiamt, commune dépendant du gaz et du pétrole s’est transformée en commune exportatrice d’électricité, championne dans le domaine des énergies renouvelables avec sa ferme de biogaz et ses éoliennes dans lesquelles les citoyens ont investi pour décider de leur avenir ; comment les bâtiments anciens du quartier de Weingarten sont rénovés et réhabilités pour devenirs des immeubles passifs ; comment la friche militaire Vauban et ses anciennes casernes sont devenues un quartier modèle qui a inspiré la création d’un quartier de courtes distances et de mixité sociale à Rieselfeld.
Avec les deux quartiers modèles de Fribourg, Vauban et Rieselfeld, considérés comme les projets phares d’un aménagement urbain tourné vers l’avenir, les élèves ont pu se rendre compte que l’architecture solaire, les maisons passives, la participation citoyenne, les projets de copropriété et d’autopromotion, les nouveaux concepts de mobilité et le plan d’occupation des sols sont étroitement liés dans le développement d’une ville et dans l’épanouissement de ses habitants.
Les projets de réhabilitation du quartier Weingarten avec un meilleur système d’isolation thermique et de vitrages ont permis d’illustrer les potentiels d’économie d’énergie pouvant être réalisés rapidement et sans surcoût. Voir les parkings-relais à la périphérie de Fribourg, les zones résidentielles avec des rues terrains de jeu où les voitures circulent au pas, le réseau de transport en commun efficace, avec ses tramways au système de tarification avantageux et cessible, le développement de l’autopartage, les pistes cyclables et une station de vélos pour aller à l’école, au travail, à l’opéra, au stade de foot solaire, a fait prendre conscience aux élèves que rester mobile sans voiture personnelle n’est plus une utopie. Fribourg leur est apparue comme le laboratoire des politiques énergétiques à l’étude au Parlement européen de Strasbourg.

Au jour le jour : pratiques innovantes et projets modèles
La première journée a été consacrée à la capitale de l’Europe : nous avions réservé une visite guidée du Parlement européen à Strasbourg, ainsi qu’un échange avec une administratrice de la DGCOM sur les institutions européennes et les politiques européennes en matière de développement durable. Quel est le rôle du Parlement européen ? Comment peut-il agir, et dans quel sens ? Les élèves ont découvert le concept d’économie circulaire, ainsi que les métiers liés aux langues dans les institutions européennes, et les moyens d’accéder à ces fonctions. L’après-midi a été consacrée à une visite de Strasbourg, sous forme de rallye, permettant aux élèves de découvrir les lieux emblématiques de la ville en cherchant, en explorant. Bravant un temps peu clément de vent et de pluie, les courageux élèves du LFM ont parcouru Strasbourg, désireux de glaner les informations nécessaires, relatives au double ancrage de la ville, français et européen – à l’image du LFM, lycée français à Madrid. Enfin, la journée a été close par un concours de dessins « j’ai vu Strasbourg », particulièrement inventifs.
Les 2e et 3e jours ont été consacrés aux visites des inventions Développement Durable de la ville de Fribourg et de ses environs : la réhabilitation énergétique de quartiers anciens (quartier Weingarten), les énergies renouvelables (commune de Freiamt et « stade solaire » de Fribourg), la mobilité (hub de transport), enfin les éco-quartiers (Rieselfeld et Vauban).

Concernant la réhabilitation énergétique, le quartier Weingarten est un quartier anciennement périphérique, et supposément « à problèmes ». Notre intervenant nous raconte comment les immeubles ont été, pour des questions sociales et de coût, rénovés plutôt que détruits, et comment ont été pensés de façon globale cette rénovation et le relogement des locataires (choix des couleurs, espaces d’entrée, concierges, conseillers en consommation énergétique, sociabilisation préalable des locataires, etc.). Au final : économies d’énergie, consommation responsable, sociabilité accrue, et… satisfaction des habitants.

Concernant les énergies renouvelables en Forêt Noire, nous avons visité le village de Freiamt : notamment une ferme entièrement consacrée à approvisionner une usine de biogaz, qui fournit eau chaude et électricité, et les inventions qui ont conduit à produire aussi de l’électricité au-delà des besoins de la commune. Bravant la neige, nous avons bénéficié des explications complètes sur le caractère circulaire (application directe de la visite du Parlement européen de la veille!) du processus de fabrication du biogaz : le production agricole est utilisée pour la fermentation aboutissant à la production du méthane, processus qui fait office de chaudière permettant de fournir le village en eau chaude ; le méthane de son côté alimente des moteurs qui eux-mêmes alimentent des turbines produisant l’électricité ; les résidus du processus serviront enfin d’engrais. Par ailleurs, l’innovation institutionnelle a permis aux particuliers de financer en groupes des éoliennes qui leur procurent des revenus de la vente d’électricité ! Électricité renouvelable bien entendu.

La visite en langue allemande a permis au groupe germaniste de réagir et dialoguer directement avec l’intervenant, dans sa langue, et donc d’exercer leurs compétences.

Nous allons retrouver cette invention institutionnelle pour la visite du stade solaire : en fait le stade du club local (le SC Freiburg), dont les supporters ont proposé de doter un toit entier de panneaux solaires, à la suite de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Depuis, deux autres toits de tribunes ont été utilisés aussi, dont un pour fournir les douches des vestiaires en eau chaude et pour chauffer la pelouse. Le stade produit finalement plus d’électricité que ce dont il a besoin, et le club y gagne en louant les toitures !

Concernant la mobilité, la star de la visite a été bien sûr le gigantesque garage à vélos adossé à la gare et aux lignes de tramways et de bus : surveillé, doté en outre d’une série de services, comme un café, il favorise le choix du vélo et oriente la mobilité vers des moyens moins polluants car non polluants (le vélo) ou collectifs (les transports en commun). À quoi il convient d’ajouter les stations d’autopartage (car-sharing) disséminées dans la ville, ou les bornes dédiées à l’alimentation des véhicules électriques.

Restent le clou du voyage : les écoquartiers. Cela concerne l’analyse de l’invention de l’Héliotrope, construit par Disch en 1994, 1re maison à énergie positive au monde, qui a l’avantage de cumuler : photovoltaïque, géothermie, cogénération et compostage interne, soit encore de l’économie circulaire, et toujours de l’énergie renouvelable !
Avec le quartier Vauban, nous avons étudié les différentes unités du quartier, leurs projets sociaux, économiques et politiques, leurs normes de fonctionnement, leurs principes d’organisation, et toujours l’inventivité absolument nécessaire pour imaginer un monde qui n’existait pas encore en 1992 : jardins d’agrément ou potagers attenant aux immeubles, lieux de priorité des piétons et des vélos, choix coopératifs et autogérés pour la construction et le logement, ainsi que le rôle central et fondateur de l’association Forum Vauban, à la fois émanation des citadins-citoyens, interlocuteur de la commune, et pépinière d’idées.
Vint enfin le tour du quartier de Rieselfeld, construit de toutes pièces, compromis entre la nécessité de faire croître la ville, et l’impératif d’infléchir l’économie et le mode de développement urbains, un projet autofinancé, dans une démarche de « planification adaptative ». Avec toujours le souci de recréer du lien social, d’assurer la mixité sociale, en tous cas d’en faire le fondement de la ville nouvelle : espaces de potagers, espaces de jeux, jardins, zones de lagunage et toits végétalisés, église Å“cuménique (à la fois catholique et protestante!), organisation des commerces, histoires de chaque bâtiment avec « signature » des artisans…

À voyage scolaire, travail (presque) scolaire
Et chaque soir, le point avec les élèves sur les visites du jour, un quiz en groupe et sur le mode ludique, permettant de fixer les connaissances, de repréciser les enjeux, de faire le bilan, grâce à l’attention active des élèves, leur participation, tout au long des journées. Et trop peu de temps évidemment : C’est pourquoi le voyage se poursuivra jusqu’en juin, avec la réutilisation, le réinvestissement, la restitution (encore l’économie circulaire!), dans nos cadres disciplinaires et interdisciplinaires, des objets rencontrés :concours de reportages, « unes » de presse, émission spéciale de web-radio, schématisation des processus, connaissance de métiers et orientation… Nous tenons à remercier l’Auberge de jeunesse, son personnel très serviable et tolérant, qui ont rendu notre séjour si agréable.
Nous tenons à remercier aussi les intervenants, de grande qualité, dont l’agence a été distinguée en tant que projet officiel de la Décennie des Nations Unies (2005-2014) pour « l’éducation au développement durable ». Nous tenons à remercier enfin le chauffeur de car qui nous a conduit sans encombre et sans stress, et les personnels de l’intendance du LFM ainsi que tous nos contacts nécessaires à l’organisation si délicate d’un projet si ambitieux.
Nous avons surtout la grande satisfaction d’avoir finalement réussi à apprendre autant en un temps si court ! Sans conteste une expérience à renouveler… avec énergie !

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